Qui est Maia Guillou ? Interview d’une Social Media Manager

Maia est Social Media Manager depuis presque 2 ans. Son entreprise se nomme Bzz’Communication. Découvrez qui elle est, son métier et son quotidien dans l’interview ci-dessous.

Où retrouver Maia ?

Peux-tu décrire ta personnalité en quelques mots ?

Je pense que je suis assez empathique. Les autres représentent une grande partie dans ma vie, je suis très tournée vers les gens. J’ai tendance à avoir mon petit caractère, c’est assez marqué dans ma vie personnelle, beaucoup moins dans ma vie professionnelle.

Je suis très sensible, je me laisse vite manger par les émotions, par ce qu’il se passe. Si quelque chose me contrarie, je vais en faire toute une montagne.

Quel est ton métier et à qui est-il destiné ?

Je suis Social Media Manager et non Community Manager, qui est une branche du Social Media Management. Le but, c’est de gérer tous les réseaux sociaux : la publicité, la construction des réseaux, les jeux concours, les partenariats, l’animation des réseaux…
Mon métier est destiné à toutes les entreprises, petites ou grandes, en BtoB ou BtoC. Je travaille plus avec des entreprises qui font du BtoC, car je connais moins le BtoB et que ce ne sont pas les mêmes codes. J’ai beaucoup de clients qui sont des PME, mais ça peut être aussi des grandes entreprises même si elles ont des services dédiés.

Quels sont les challenges auxquels tu es confronté ?

En ce moment, mon challenge, c’est la restructuration d’une entreprise qui grossit. Il faut adopter des casquettes différentes pour réfléchir à la stratégie financière, juridique, humaine… Même si on se fait accompagner par des experts, il faut quand même réfléchir à la prise de risques.
Ce sont des questions où tu as envie d’aller voir ta mère “Maman, maman, tu ne peux pas m’aider ? Ah non, tu es médecin, zut !”. J’aurais bien aimé avoir un ami comptable, un ami avocat, ça aurait été pratique.
C’est un gros challenge, car il faut réfléchir à plein de choses alors qu’il y a déjà le travail habituel. C’est aussi partir dans un univers que je ne connais pas donc ça fait peur : “Et si je me loupe ?” surtout que j’ai des alternantes avec moi. Donc si mon entreprise plante, c’est aussi leur formation qui est en jeu. Alors que l’objectif est qu’elles soient formées à fond.

Un autre challenge serait d’aller chercher de nouveaux clients. Ils sont venus pendant très longtemps à moi et là, ça stagne un peu plus. Il faut donc que je réfléchisse à une stratégie pour créer du renouveau.

Quelles sont tes valeurs ?

Une de mes valeurs est l’humain dans les relations professionnelles. Si je n’aime pas forcément le projet, mais que j’ai un bon feeling avec la personne, je vais être capable de me lancer dedans. A contrario, si j’adore le projet, mais que le feeling ne passe pas, même la relation professionnelle ne va pas bien se passer. Je vais avoir tendance à me dire “tu kiffes le projet, fais abstraction”. Mais, dans les faits, je n’arrive pas à faire abstraction.
Je retrouve aussi l’humain dans ma relation avec les alternantes, j’ai envie de leur proposer des missions à leur hauteur.

Une seconde valeur est l’accès à la formation. C’est quelque chose qui, à la base, ne me paraissait pas autant important. Maintenant, je me rends compte que ça me tient à cœur que les filles quittent mon entreprise et que le jour où elles commencent dans une autre société, qu’on se dise qu’elles ont bien été formées, qu’elles ont une bonne base.
Par exemple, Lou [sa petite sœur] est en stage 4 mois avec moi et cherche une alternance. En regardant les missions, on a vu que beaucoup demandaient la rédaction de newsletter. À la base, je n’avais pas prévu de la former dessus, mais ça a changé. On va le faire pour qu’elle ait des notions.
Je préfère avoir moins de chiffres d’affaires et que les filles partent de chez moi en étant bien formées plutôt que de les prendre pour de la main d’œuvre facile. Et je ne pensais pas que ça avait autant de sens, c’est en bossant avec elles que je m’en rends compte. On fait souvent des points “qu’est-ce que tu n’aimes pas ? Pourquoi ?” Et on essaie de trouver une solution.

Une troisième valeur est la proximité, pas forcément physique, mais dans la relation. J’aime pouvoir tutoyer mes clients et faire tomber les barrières que le vouvoiement peut créer. Mes clients m’appellent en me demandant si j’ai passé un bon weekend par exemple. Bien entendu, ça dépend des clients, il y en a que j’ai beaucoup de mal à tutoyer quand même.
Et je pense que c’est pareil avec les filles. Au-delà d’être leur boss, elles me racontent leur vie, on rigole ensemble. On a plus une relation de collègues, surtout qu’on bosse dans mon logement pour l’instant. Même si l’objectif, c’est de trouver des bureaux. Donc il faut quand même qu’on soit proche vu l’environnement dans lequel on travaille.

Quelle est ta vision de l’entrepreneuriat ?

Dans l’entreprenariat, il faut soit avoir la chance ou l’opportunité notamment financièrement pour avoir un confort quand on se lance. Je pense dans la vie que, certes, on peut provoquer sa chance, mais qu’il y a des rendez-vous à ne pas manquer et savoir saisir l’opportunité qui réunit les conditions nécessaires.
C’est hyper intéressant au quotidien, on apprend beaucoup, en faisant plein d’erreurs notamment. Au départ par exemple, je n’ai pas fait de contrat et personne ne m’a fait la remarque. Et forcément, je me suis trompé, mais j’ai appris de ces erreurs.

C’est ultra intéressant du point de vue professionnel autant que personnel, parce qu’on apprend que dans la vie si on ne cadre pas les choses, ça ne marche pas.
Il faut aussi avoir envie de se lever tous les matins en se disant “je bosse pour moi, je ne vais peut-être pas faire 7 – 8 heures aujourd’hui, mais 10 ou 12, mais je vais kiffer. Mon objectif est que les gens soient contents de travailler avec moi et pour moi.”

Il faut aussi se dire que ce n’est pas grave de se prendre des portes avec les clients, que c’est la vie et qu’on va s’en remettre et passer à autre chose.

Comment t’organises-tu au quotidien ? As-tu une routine de travail ?

Je n’ai pas forcément de routine, car je m’adapte beaucoup à mes clients. Je n’aime pas trop les délais, je n’aime pas trop avoir des to-do à rallonge pour des mois et des mois. En général mes to-do je les fais semaine par semaine. Et ça dépend des besoins, je m’adapte aux deadlines des clients. J’essaie de répondre aux requêtes le plus rapidement possible parce que sinon ça va me trotter dans la tête. Je vais me dire “il ne faut pas oublier de faire ça” et du coup, je traite rapidement.

C’est un peu tout décousu et je pense que j’ai besoin d’organisation autant pour moi que pour les filles. Ça vient aussi du fait que, par exemple, les alternantes n’ont pas de missions spécifiques comme la création par exemple. Comme elles sont là pour être formées, je veux qu’elles touchent à tout donc j’essaie au maximum de tout leur faire voir. Ça me permet aussi de voir qui est plus à l’aise dans quelle tâche et qui sera plus à même d’être plus rapide quand on est pressé. Donc je pense que c’est une organisation qui viendra avec le temps avec des personnes en CDD ou CDI.

C’est tout ça qui rend mon organisation un peu désordonnée, mais au final aujourd’hui ça marche comme ça quand même.

As-tu des conseils à ceux qui souhaiteraient se lancer en entrepreneuriat dans le même métier que toi ?

C’est un peu ce que j’ai déjà dit dans ma vision de l’entrepreneur. C’est se poser les bonnes questions et être dans les bonnes conditions pour démarrer.

Pour finir, quelle est ta citation préférée ?

Je refuse de me lever le matin pour bosser pour des imbéciles.

J’ai lu ça dans une lettre de motivation pour un poste que je propose. Et ça m’a bien plu, car c’est sincère et qu’on voit les valeurs qui transpirent. J’ai travaillé avec des personnes que je n’appréciais pas forcément, il faut savoir dire non quand ça ne passe pas. Tout le monde me dit “c’est de l’argent, tu ne vas pas passer à côté, tu ne vas pas t’asseoir sur ce montant”. Mais au final si c’est pour se lever et travailler avec des clients où la relation n’est pas bonne, pas saine, ce n’est pas intéressant.

Et je me rends compte que tous les contrats avec qui ça se passe mal, je fais des fautes d’orthographe alors que j’en fais jamais d’habitude, les contenus sont moins bons… Et c’est toujours quand ça ne se passe pas bien dans le contrat, donc peut-être que c’est inconscient, pour se dire que c’est une porte de sortie. 

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